CONSULTANT(E) EN GENRE POUR SOUTENIR LA MISE EN PLACE D’UN RESEAU DES FEMMES DEFENSEUR.E.S DES DROITS HUMAINS

  • Development
  • Anywhere
Country: Democratic Republic of the Congo
Organization: Protection International
Closing date: 22 Feb 2021

Avec l’appui du Ministère Allemand des Affaires Étrangères via ZIVIK, Protection International met en œuvre le projet visant à l’« Autonomisation et protection des femmes défenseur.e.s des droits humains pour contribuer à la prévention des crises civiles, à la résolution des conflits et à la consolidation de la paix en République démocratique du Congo (RDC) ».

Le projet vise à s’assurer que les défenseuses des droits humains en RDC bénéficient de la protection nécessaire pour entreprendre leurs activités dans un environnement aussi sûr que possible. Le projet a pour objectif d’autonomiser les défenseuses des droits humains et de renforcer leur capacité à gérer efficacement leur protection, leur sécurité et à promouvoir les droits humains reconnus.

Les défenseur.e.s des droits humains sont équipé(e)s pour mettre en œuvre efficacement des stratégies de protection préventive afin d’aider à éviter les situations d’urgence, et pour développer les compétences et les connaissances nécessaires pour mettre en place leurs propres plans de sécurité afin de réduire leur vulnérabilité face aux violence (violence sexuelle, violence sexiste, harcèlement, intimidation, arrestation arbitraire et criminalisation)**.**

Contexte

Depuis 2018, Protection International met en place en RDC un projet qui accorde une place majeure aux femmes défenseures des droits humains. Dans ce cadre, PI analyse leurs situations, les défis et besoins de protection spécifiques, en prenant en compte leur propre évaluation de la situation ainsi que leurs propres recommandations.

La situation des femmes défenseures au Nord Kivu et Sud Kivu est plus que préoccupante. Les femmes défenseures des droits humains font face à des structures sociales, culturelles, économiques et politiques qui créent des obstacles et défis spécifiques non seulement pour leur travail de promotion des droits des femmes, mais aussi pour leur condition de femme dans la vie quotidienne et leur place dans la société. Le patriarcat qui règne au sein de la société, les coutumes et idéologies rétrogrades ainsi que la pauvreté touchent les femmes défenseures de façon directe et spécifique et génèrent des menaces et des risques qui leur sont propres.

Le manque d’accès des femmes aux ressources financières, la non-application des textes de lois nationaux et internationaux qui garantissent les droits de la femme, la priorité donnée à l’éducation des hommes et le faible taux de scolarisation des jeunes filles, le manque de légitimité dont souffre le travail des femmes défenseures trouvent leur source dans les mêmes structures sociales et idéologiques, mentionnées ci-dessus. Dans de nombreuses organisations, le travail des femmes défenseures est considéré comme secondaire ou même accessoire et plus encore, le travail de DDH est souvent considéré comme ne relevant pas de la compétence de la femme au même titre que l’accès limité à l’emploi et à la propriété foncière.

Pour ce qui est des « risques et menaces » touchant les femmes défenseures, celles-ci sont victimes d’acte d’humiliation et de stigmatisation dans les communautés de base en raison des croyances et traditions sociales et culturelles. Elles sont parfois considérées comme des défenseurs de deuxième degré par rapport aux défenseurs hommes.

En plus des défis sécuritaires auxquels font face l’ensembles des défenseurs au Nord et Sud Kivu, les femmes en général et les femmes défenseures en particulier font face à la violence de genre, qu’elle soit directement liée à leur travail en tant que défenseure ou non. Parmi celles-ci figure, la violence conjugale, le viol, le harcèlement sexuel, la surcharge liée aux tâches ménagères et parentales.

Une étude de base sur la sécurité et la protection des femmes défenseures des droits humains (F/DDH) du Nord Kivu et du Sud/Kivu, diligentée par PI a montré que la question du genre n’est pas prise en compte de façon adéquate au sein des organisations de droits humains issues de la société civile. En effet, le nombre de femmes membres d’OSC sont très limités. Quand les femmes font partie d’une OSC, elles n’accèdent pas souvent au même niveau de responsabilité que les hommes. Enfin, les ressources consacrées à la protection des femmes défenseures sont quasi-inexistantes.

En l’absence de soutien conséquent au sein de leur structure et au sein de la communauté, les femmes défenseures des droits humains sont contraintes de développer leurs propres mécanismes de protection. L’idée de mettre en place un réseau de protection pour les femmes défenseures dans la perspective de développer des stratégies préventives et réactives adaptées au statut de femmes défenseurs est un des mécanismes pour que leurs besoins spécifiques soient pris en compte.

I. OBJECTIFS

Dans le cadre de ce projet, la mission du/de la consultant.e consistera (22 jours au total) :

  • Soutenir le développement d’un réseau de femmes défenseures des droits humains évoluant dans les provinces du Nord Kivu et Sud Kivu ;

  • Accompagner les femmes défenseures dans la définition des objectifs du réseau (Vision, Mission, Objectifs) ;

  • Définir avec le concours des femmes défenseures un plan d’action du réseau à moyen terme, avec ses activités clés ;

  • A travers des ateliers participatifs, renforcer les capacités des 44 femmes défenseures des droits humains sur le mode de fonctionnement du réseau et la gestion d’un réseau (coordination tournante, définition des rôles et responsabilités, ect) ;

  • Assurer la modération des activités de lancement officiel du réseau des femmes défenseures des droits humains du Nord Kivu et Sud Kivu.

II. RESULTATS ATTENDUS DE LA MISSION

À l’issue de sa mission, la consultante devra fournir à PI un rapport présentant les résultats suivants en lien avec les objectifs définis :

  • Un rapport de la formation :

Le renforcement des capacités de 44 femmes défenseures des droits humains sur la construction d’un réseau de protection ainsi que sur sa gestion est assurée. À l’issue de cette formation (4jours), la compréhension d’un réseau et son mode de fonctionnement sont expliqués et appropriés par les FDDH.

  • Une déclaration commune des FDDH du Nord et Sud Kivu partenaires du projet:

La mise en place du réseau est accompagnée par un document dans lequel des femmes DDH s’engagent et se mobilisent à œuvrer pour leur protection à travers les réseau en lançant des alertes lorsque les défenseures des droits humains sont en danger dans leur communauté , l’accompagnement des autres organisations de leurs communauté dans la mises place des mécanismes de protection, de même que des initiatives de sensibilisation et plaidoyer auprès des autorités et autres parties prenantes pour l’amélioration de la situation des femmes défenseures.

  • Rapport de modération des activités de lancement du Réseau :

Modérer les activités avec les participantes, définir les objectifs, le rôle et/ou la mission du réseau, la structurer et définir les modalités de fonctionnement avec l’implication des femmes défenseures concernées par le processus ainsi que d’autres réseaux et mécanismes de protection existants.

  • Liste des personnes désignées comme points focales provisoires du réseau dans les lieux de provenance des organisations invitées :

Faciliter la désignation des points focaux du réseau dans les deux provinces cibles (Nord Kivu et Sud Kivu) parmi les femmes ayant déjà une expérience de travail de défense des droits humains. Donner des perspectives pour que cette dynamique puisse être reproduite dans les autres provinces sur le moyen et long terme.

  • Fournir les fiches d’identification des besoins prioritaires du réseau :

Préparer une fiche d’évaluation synthèse résumant les besoins identifier par les femmes défenseures afin de constituer des premiers éléments de mise en place d’un plan stratégique et opérationnel du réseau.

III. METHODOLOGIE

Le (la) consultant(e) devra utiliser une méthodologie participative appropriée pour conduire ces activités en fonction des objectifs et résultats attendus.

Toutefois, la méthodologie devra être élaborée de telle façon qu’elle puisse permettre aux participantes de s’accorder sur le besoin d’un réseau des femmes F/DDH. Elle devra aussi être basée sur l’idéal que la constitution de ce réseau doit refléter les aspirations des participantes selon leur compréhension du contexte, des enjeux dans les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu concernant la protection des défenseurs.e.s. des droits humains et des défis auxquels elles se heurtent pour des stratégies efficaces de protection.

IV. LIVRABLES

Tout au long de la mission, le consultant(e) devra tenir compte des données objectives et PI recevra une présentation préliminaire et un rapport complet sur les résultats conformément aux objectifs assignés.

  • Le rapport préliminaire (10 pages) devra donner une synthèse sur le déroulement des activités

  • Le rapport final (20 pages) devra comporter :

o Une explication de la méthodologie utilisée, la présentation du déroulement des activités ainsi que des résultats ;

o Un résumé qui peut être utilisé indépendamment (5 pages ) ;

o Une liste des participants aux activités ;

o Des images de la mission de création du réseau de FDDH ;

o Des recommandations complètes pouvant faire l’objet de mesures claires et précises à être appliquer dans la suite de la mise en œuvre du programme de PI en faveur des femmes défenseures du Nord et Sud Kivu.

V. PROFIL ET QUALIFICATIONS REQUISES :

Le/la consultant.e qui sera recruter pour faciliter la formation devra présenter le profil suivant :

· Genre : Expérience confirmée en création et animation des réseaux de femmes ou organisations de la société civile ;

· Expérience en appui et accompagnement pour la définition stratégique des réseaux de femmes ;

· Connaissance des défis et besoins liés à la protection des femmes défenseures travaillant dans une zone à conflit (Nord Kivu et Sud Kivu) ;

· Expérience en conception, planification, mise en œuvre et suivi des actions de changement et/ou amélioration des politiques publiques pour la protection des FDDHs ;

· Connaissance/familiarité (avec la) en gestion de la sécurité et protection des défenseurs.e.s. des droits humains : analyse du contexte, analyse du risque, stratégie globale de protection, sécurité des femmes défenseurs des droits humains ;

· Expérience en coaching et formations ;

· Expérience des ONG nationales ou internationales de défense des droits humains ;

· Bonne maitrise du français ;

· La connaissance des langues locales (Swahili) est un atout ;

Disponibilité et flexibilité pour voyager au Nord Kivu et Sud Kivu tout en tenant compte des des décisions des autorités congolaises et sanitaires pour la prévention contre la pandémie de la COVID19.

How to apply:

  • Une proposition technique detaillée (3 pages) ;

  • Un Curriculum vitae avec les coordonnées de trois références ;

  • Une offre financière en USD et EUR (budget détaillé) reflétant des coûts réels et raisonnables ;

  • Un plan opérationnel de mise en œuvre.

NB: Cette offre concerne des candidat(e)s résidants actuellement en République démocratique du Congo et qui seraient flexible pour voyager au Nord Kivu et Sud Kivu en tenant compte des mesures barrières contre la pandémie de la COVID19.

Les dossiers devront être envoyés aux adresses suivantes :

  • recruitment@protectioninternational.org,

  • francoise.timbiri@protectioninternational.org,

Merci d’indiquer ” Consultance Genre – Réseau de Femmes” dans l’objet de la candidature.

Source:

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